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Eglise Saint Saturnin de Palairac

Anne Catherine Emmerich

Du Saint Calice et de l'Arche d'Alliance



"Stigmatisée", Sainte Anne Catherine Emmerich était une religieuse Augustine du couvent d'Agnetenberg à Dulmen. Elle vécut de 1774 à 1824. Le Pape Jean-Paul II la béatifia le 3 octobre 2004. Dés son plus jeune âge elle eut des capacités dites " surnaturelles ". Les visions d'Anne Catherine furent consignées pendant des années par Clément Brentano, écrivain et son confident, qui, dans les différents écrits relatant ses visions, se nomme " le pèlerin ". Elles consistent en plusieurs volumes ayant trait à la vie du Christ, sa Passion, la vie de la Vierge, les Saints, et l'Ancienne Alliance. Pour ceux qui y croient, des travaux d'historiens auraient permis de vérifier certaines visions sur le terrain : la maison de Marie, par exemple. C'est plus que douteux.... Dans la " Douloureuse Passion de Notre Seigneur Jésus Christ ", publié en 1854, elle relate les derniers jours de la vie du Christ, notamment une longue description de la Cène et du calice utilisé par Jésus :

"Du Calice de la Sainte Cène
Le calice que les apôtres emportèrent de chez Véronique est un vase merveilleux et mystérieux. Il était resté longtemps dans le Temple, parmi d'autres objets précieux d'une haute antiquité dont on avait oublié l'usage et l'origine. Quelque chose de semblable est arrivé dans l'Eglise chrétienne, ou bien des objets sacrés, précieux par leur beauté ; leur antiquité, sont tombés dans l'oubli avec le temps. On avait souvent mis au rebut, vendu, ou fait remettre à neuf de vieux vases et de vieux bijoux enfouis dans la poussière du Temple. C'est ainsi que, par la permission de Dieu, ce saint vase, qu'on n'avait jamais pu fondre à cause de sa matière inconnue, avait été trouvé par les prêtres modernes dans le trésor du Temple parmi d'autres objets hors d'usage, puis vendu à des amateurs d'antiquité. Ce calice, acheté par Séraphia avec tout ce qui s'y rattachait, avait déjà servi plusieurs fois à Jésus pour la célébration des fêtes et à dater de ce jour, il devint la propriété constante de la sainte communauté chrétienne. Ce vase n'avait pas toujours été dans son état actuel : je ne me souviens plus quand on avait mis ensemble les diverses pièces dont il se composait maintenant, ni si c'était par l'ordre du Seigneur. Quoi qu'il en soit, on y avait joint une collection portative d'objets accessoires, qui devaient servir pour l'Institution de la sainte Eucharistie. Le grand calice était posé sur un plateau dont on pouvait tirer encore une sorte de tablette, et autour de lui étaient six petits verres. Je ne me souviens plus si la tablette contenait des choses saintes. Dans ce grand calice se trouvait un autre petit vase ; au-dessus un petit plat, puis un couvercle bombé. Dans le pied du calice était assujettie une cuillère qu'on en tirait facilement. Tous ces vases étaient recouverts de beaux linges et renfermés dans une enveloppe en cuir, si je ne me trompe : celle-ci était surmontée d'un bouton. Le grand calice se compose de la coupe et du pied qui doit avoir été ajouté plus tard, car ces deux parties sont d'une matière différente. La coupe présente une masse brunâtre et polie en forme de poire ; elle est revêtue d'or, et il y a deux petites anses par où on peut la prendre, car elle est assez pesante. Le pied est d'or vierge artistement travaillé ; il est orné dans le bas d'un serpent et d'une petite grappe de raisin, et enrichi de pierres précieuses.
Le grand calice est resté dans l'église de Jérusalem, auprès de saint Jacques le Mineur, et je le vois maintenant encore conservé quelque part dans cette ville ; il reparaîtra au jour, comme il y est reparu cette fois. D'autres églises se sont partagé les petites coupes qui l'entourent ; l'une d'elles est allée à Antioche, une autre à Éphèse : chacune des sept églises a eu la sienne. Elles appartenaient aux patriarches qui y buvaient un breuvage mystérieux, lorsqu'ils recevaient et donnaient la bénédiction, ainsi que je l'ai vu plusieurs fois.
Le grand calice était déjà chez Abraham : Melchisédech l'apporta avec lui du pays de Sémiramis dans la terre de Chanaan, lorsqu'il commença quelques établissements au lieu où fut plus tard Jérusalem ; il s'en servit lors du sacrifice où il offrit le pain et le vin en présence d'Abraham, et il le laissa à ce patriarche. Ce vase avait été aussi dans l'arche de Noé. "

Le dernier paragraphe est très important : il rappelle d'autres visions de la Sainte concernant " Les Mystères de l'Ancienne Alliance. " En effet ce texte relate l'histoire de l'ancien testament jusqu'à la naissance de la Vierge Marie et donne l'histoire de ce Calice mystérieux dont le Christ s'est servi pour la Cène. En plus du récit du Calice, elle donne l'histoire d'un énigmatique " dépôt sacré ", symbole de l'Alliance de Dieu avec l'Homme depuis la Création, très lié au Calice et à l'Arche d'Alliance. Après le récit du Péché Originel, elle eut une vision concernant la Rédemption :

La promesse du Salut
Après la chute originelle, Dieu montra aux anges comment il allait restaurer le genre humain. Je vis le trône de Dieu, la très Sainte Trinité, un mouvement entre les trois divines Personnes. Je vis les neuf choeurs d'anges. Dieu leur révéla de quelle façon Il désirait rétablir le genre humain déchu et les anges manifestèrent alors une allégresse et une jubilation indescriptibles.
Je vis le roc de pierres précieuses d'Adam apparaître devant Dieu, tout resplendissant, comme s'il avait été apporté par des anges. Ce roc était taillé en degrés, il s'agrandit. il devint un trône, une tour, qui s'élargit jusqu'à tout contenir. Les neuf choeurs d'anges se tenaient tout autour, et au-dessus d'eux dans le ciel, je vis l'image de la Vierge. C'était Marie, non dans le temps, mais dans l'éternité, en Dieu. Elle était quelque chose qui sortait de Dieu. La Vierge pénétra dans la Tour qui s'ouvrait devant elle et ce fut comme si elle s'identifiait au monument. Quelque chose apparut, qui sortait de la très Sainte Trinité et se dirigea vers la Tour pour entrer en elle.
Je vis également une sorte d'ostensoir au milieu des anges, qui participaient tous à sa réalisation et à sa finition : il représentait une sorte de tour ornée de toutes sortes de figures mystérieuses. Deux personnages se tenaient devant, de chaque côté, se tendant la main. Je vis quelque chose, issu de Dieu, qui passa parmi tous les choeurs angéliques et pénétra dans l'ostensoir : c'était un don sacré, étincelant, qui se précisait au fur et à mesure qu'il se rapprochait. Il m'apparut comme le germe de la bénédiction divine, destiné à une croissance très pure donné par Dieu à Adam. Il lui fut retiré au moment où l'homme allait écouter Eve et acquiescer à son désir de cueillir le fruit défendu. C'est la bénédiction qu'Abraham reçut de nouveau, qui fut reprise à Jacob et de nouveau confiée à Moise dans l'Arche d'Alliance, d'où Joachim, le père de Marie, la reçut finalement, si bien que Marie fut conçue aussi pure et immaculée qu'Eve, lorsque celle-ci fut tirée du côté d'Adam endormi. Cependant, l'ostensoir entra dans la Tour.
Je vis également les anges préparer un calice semblable par sa forme au calice de la Cène. Ce vase entra aussi dans la Tour. Sur le côté extérieur droit de la Tour, il y avait du vin et du froment, comme posés sur un rebord de nuages dorés : des mains aux doigts joints se baissaient sur ce vin et ce froment.
C'est alors qu'un rameau, puis un arbre entier, se dressèrent au-dessus. Les branches de cet arbre portaient des figures miniatures d'hommes et de femmes qui se tendaient les mains. La dernière fleur de cet arbre était la crèche avec l'enfant.
J'eus alors des visions sur le mystère de la Rédemption comme Promesse jusqu'à son accomplissement à la fin des temps. Je vis aussi des images des obstacles qui se dressaient contre ce mystère. Finalement, je vis au-dessus du roc étincelant une grande église majestueuse, l'Eglise Catholique une et Sainte, qui porte en son sein le vivant Salut du monde entier. Il y avait en toutes ces visions une merveilleuse unité de relation et de progression, même les obstacles, même les fruits du mal, même ce qui était rejeté par les anges, devait servir au développement du plan de salut. C'est ainsi que je vis le Temple ancien surgir d'en-bas. Il ressemblait à l'Eglise Sainte, mais n'avait pas de tour. Il était fort grand, mais fut repoussé sur le côté par les anges et bascula. Je vis une grande coupe en forme de coquillage, qui apparut et voulut forcer les portes du Temple mais elle fut jetée sur le côté.
Je vis une large tour à étages (une pyramide égyptienne) dont les multiples portes se refermaient sur des personnages comme Abraham et les enfants d'Israël. Cela signifiait leur captivité en Egypte. Cette pyramide fut repoussée, comme une autre tour égyptienne à étages qui symbolisait l'astrologie et la divination. Je vis ensuite un temple égyptien, également écarté et qui s'écroula.
Finalement, j'eus la vision de ce qui se passait sur la terre : Dieu faisait savoir à Adam qu'une Vierge apparaîtrait et lui rapporterait le Salut perdu. Mais Adam ne savait pas quand cet événement devait se produire. C'est pourquoi je le vis plus tard fort triste de voir qu'Eve ne lui donnait que des garçons, jusqu'à ce qu'elle mit au monde une fille.
J'ai vu Noé et son sacrifice, au cours duquel il reçut la bénédiction de Dieu. J'ai eu ensuite des visions sur Abraham, sur sa bénédiction, sur l'annonce d'Isaac. J'ai vu cette bénédiction se transmettre d'aîné en aîné, toujours sous la forme d'un sacrement. J'ai vu Moïse, comment il reçut le mystère du dépôt sacré au cours de la nuit précédant l'Exode, ce que seul Aaron savait. J'ai vu ce dépôt mystérieux dans l'Arche d'Alliance : seuls les grands-prêtres et quelques saints eurent, par révélation divine, connaissance de ce secret. C'est ainsi que j'ai contemplé la transmission de ce mystère dans toute la lignée de Jésus-Christ, jusqu'à Joachim et Anne, le couple le plus pur et le plus saint de tous les temps, qui donna naissance à Marie la Vierge Immaculée. Et c'est Marie finalement qui fut elle-même l'Arche d Alliance, le Tabernacle du mystère."


Concernant le calice, outre la " fabrication " par des anges dans la citation précédente, Anne Catherine Emmerich poursuit :

" Dans l'Arche, je vis Noé faire des offrandes d'encens. Son autel était recouvert de motifs blancs sur fond rouge. Il avait dans une cassette arrondie plusieurs ossements d'Adam, qu'il posait sur l'autel pendant la prière et les sacrifices. Je vis aussi au-dessus de l'autel le Calice de la Cène, qui avait été apporté à Noé pendant la construction de l'Arche par trois personnages vêtus de longues robes blanches, semblables aux trois hommes qui vinrent voir Abraham pour lui annoncer la naissance d'un fils. Ils venaient d'une ville qui fut détruite par le Déluge et dirent à Noé qu'il était un homme si glorieux qu'ils voulaient lui confier cet objet mystérieux, afin qu'il ne disparut pas au cours du Déluge. Dans le Calice étaient un grain de froment aussi gros qu'un pépin de tournesol, et un surgeon de vigne. Noé piqua ces deux germes dans une pomme jaune qu'il déposa dans le Calice. Celui-ci n'avait pas de couvercle. Le surgeon de vigne devait pousser. Après la dispersion de la tour de Babel, j'ai vu ce Calice chez un descendant de Sem qui fut l'ancêtre des Samanes, dans le pays de Sémiramis. Les Samanes furent établis en Canaan par Melchisedech et y emportèrent ce Calice... "

" ...Melchisédech vint de l'emplacement où plus tard s'éleva Jérusalem. Il avait avec lui une monture grise, très rapide, à l'encolure courte et trapue, très chargée : d'un côté, l'animal portait un tonneau de vin aplati sur la face qui touchait le flanc de la bête, de l'autre côté une caisse dans laquelle se trouvaient dressés les uns contre les autres des pains plats de forme ovale, ainsi que le calice même que j'ai vu plus tard lors de l'institution du Saint-Sacrement, au cours de la Cène, et des gobelets en forme de petits fûts : ces récipients n'étaient ni en or ni en argent, mais comme d'une pierre précieuse translucide, brune ils me paraissaient avoir poussé (comme des plantes), et non avoir été fabriqués de main d'homme... "

" ...Melchisédech s'approcha de l'autel : il s'y trouvait une sorte de tabernacle dans lequel il déposa le calice il y avait aussi un creux sur l'autel, sans doute pour le sacrifice. Comme à chaque cérémonie d'offrande, Abraham avait disposé les ossements d'Adam sur l'autel, reliques que Noé avait déjà avec lui dans l'Arche. Devant ces reliques, ils suppliaient que Dieu voulut bien réaliser la promesse du Messie annoncé à Adam.
Melchisedech étendit d'abord sur l'autel une couverture rouge qu'il avait apportée avec lui, puis, dessus, une nappe blanche transparente. Sa cérémonie me rappela la sainte messe. Je le vis élever le pain et le vin, les offrir, les bénir et rompre le pain. Il tendit à Abraham le calice qui devait servir plus tard à la Cène, afin qu'il y bu. Les autres burent dans les petits gobelets qui furent présentés à tout le peuple par Abraham et par les assistants les plus rapprochés de l'autel, ainsi que les pains rompus. Ils reçurent des morceaux plus grands que ceux qui furent donnés à la Cène. Je vis ces morceaux briller. Ils étaient seulement bénis, et non consacrés. Les anges ne peuvent pas consacrer. Tous furent stimulés à se tourner vers Dieu... "

" ...Je pense que la mission de Melchisedech sur la terre fut achevée avec cette offrande et la consécration d'Abraham, car je ne le vis plus jamais par la suite. Il légua le calice et les six gobelets à Abraham... "

" ...Il (Joseph) n'en fut pas moins jeté en prison, où il devint par la suite gardien des autres captifs. La Grande Dame déplora beaucoup son erreur quand elle le vit emprisonné comme adulée mais lorsqu'il fut remis en liberté, elle lui accorda de nouveau et à jamais toute sa bienveillance. Et cette coupe qu'il fit glisser dans les affaires de Benjamin, c'était précisément le premier présent que lui fit l'épouse de Pharaon. Je connais bien cet objet, qui avait deux anses et pas de pied. Il était comme taillé dans une pierre précieuse ou dans une masse translucide, que je ne connais pas, et avait la forme de la partie supérieure du calice de la Cène : il fut également placé parmi les récipients que les enfants d'Israël ramenèrent d'Egypte, et on le garda par la suite dans l'Arche d'Alliance. "


Pour résumer ce qui vient d'être dit, le Calice fut créé par des anges au moment du péché originel, fut donné à Noé dans son Arche, arriva à Abraham par Mélchisedech qui en fit un usage proche de ce qu'en fera Jésus par l'Eucharistie. Pour Anne Catherine Emmerich, dès avant la Chute, Dieu préleva d'Adam ce qui allait mener à la Rédemption par le Christ plus tard (le dépôt sacré transmis par les Patriarches qui aboutit à la Vierge), de même il fournit aux hommes le Calice qui servira à la Rédemption universelle et qu'utilisera à cette fin son Fils. Il est à remarquer qu'Anne Catherine Emmerich signale que ces deux " objets " ont été conservés dans l'Arche d'Alliance. Voici une partie du long passage qu'elle consacre à ce sujet.

L'Arche d'Alliance
Au cours de la nuit même où Moise recueillit le dépôt sacré, on exécuta la caisse d'or en forme de sarcophage dans laquelle les Israélites l'emportèrent lors de l'Exode. Cette caisse devait être assez longue pour qu'un homme pût s'y tenir couché car ce dépôt sacré devait donner naissance à une Eglise et un Corps. C'est au cours de cette même nuit que les Israélites marquèrent les portes avec du sang. Les voyant travailler si rapidement à la construction de la caisse, je pensai à la sainte Croix, qui fut également exécutée en hâte dans la nuit précédant la mort de Jésus.
La caisse, composée de plaques d'or, avait la forme d'un sarcophage de momie égyptien. Plus large en haut qu'en bas, elle présentait à l'extrémité supérieure la figure d'un visage auréolé de rayons sur les côtés étaient esquissés les bras et le tracé des côtes.
Dans cette caisse, à peu prés au milieu de sa longueur, on plaça un coffret d'or renfermant le dépôt sacré recueilli par Segola dans le tombeau souterrain. Dans la partie inférieure furent rassemblés des récipients sacrés et les gobelets des Patriarches, qu'Abraham avait reçus de Melchisédech et qui s'étaient transmis, avec la bénédiction, d'aîné en aîné. Tel fut le premier contenu et telle fut la première forme de l'Arche d'Alliance, que l'on enveloppa d'une couverture rouge, puis d'une blanche.
C'est seulement au Mont Sinaï que l'on exécuta l'Arche de bois, plaquée intérieurement et extérieurement d'or fin on y plaça le sarcophage d'or qui renfermait le dépôt sacré. Ce sarcophage n'arrivait qu'à mi-hauteur de cette nouvelle Arche, et n'était pas aussi long qu'elle, car il restait encore de la place aux deux extrémités, pour deux coffrets plus petits dans lesquels on réunit les reliques de Jacob et de la famille de Joseph, par la suite, on y mit également le bâton d'Aaron.
Lorsque l'Arche d'Alliance fut installée dans le Temple de Sion on en modifia l'intérieur en retirant le sarcophage d'or et en le remplaçant par une figure semblable mais plus petite, taillée dans une masse blanche.
Déjà au cours de mon enfance, j'ai vu souvent l'Arche d'Alliance et tout ce qu'elle renfermait, tout ce qui l'entourait, et aussi tout ce que l'on y déposait au fur et à mesure. Les Israélites y plaçaient tous les objets sacrés qu'ils recevaient mais elle ne devait pas être bien lourde, car on la portait facilement... "

"...A la partie inférieure de la hampe, dans l'Arche même, il y avait des crochets auxquels étaient fixes le coffret d'or renfermant le dépôt sacré, et, au-dessus, les Tables de la Loi. En avant du coffret, un petit récipient d'or cannelé plein de manne était suspendu, sans toucher les parois de l'Arche..."

" ...Je n'ai vu ce sacrement utilisé par Moïse devant le Peuple qu'à deux occasions : lors du Passage de la Mer Rouge et au moment de l'adoration du veau d'or. Moïse, l'ayant sorti de son coffret doré, recouvert comme le très Saint-Sacrement le Vendredi-Saint, le portait ainsi voilé devant sa poitrine, pour bénir ou pour retrancher de la communauté, comme s'il agissait à distance. C'est ainsi que Moise regroupa beaucoup d'enfants d'Israël autour de lui, les sauvant de l'idolâtrie et de la mort.
Souvent aussi, j'ai vu le Grand-Prêtre, lorsqu'il se trouvait seul dans le Saint des Saints, qui utilisait le dépôt sacré, le tournant d'un côté ou de l'autre pour produire une force, une protection, un arrêt, ou une bénédiction, un bienfait, l'exaucement d'un voeu, un châtiment. Il ne tenait jamais ce précieux dépôt dans ses mains nues. Il en touchait également de l'eau, pour des usages sacrés, et faisait boire de cette eau comme bénédiction. La prophétesse Debora, Anne, mère de Samuel, à Silo, et Emerentia, mère de Sainte Anne, burent de cette eau. C'est par ce breuvage qu'Emerentia fut préparée à concevoir sainte Anne. Sainte Anne elle-même ne but point de cette eau, car la bénédiction était en elle.
Joachim reçut d'un ange le dépôt mystérieux retiré de l'Arche d'Alliance. Et c'est alors que Marie fut conçue sous la Porte Dorée du Temple et devint elle-même, par sa naissance, l'Arche du mystère. Et le dessein de Dieu fut accompli, l'arche de bois dans le Temple se trouvait dés lors vidée de son précieux dépôt. "

Que retenir de ce passage ? Que l'Arche contenait le " dépôt sacré ", qui fut reçu par la Vierge in fine (origine de l'Immaculée Conception), et le Calice que Jésus a utilisé pour la Cène.
Bien sûr la Sainte rapporte aussi qu'outre les Tables de la Loi, l'Arche contenait la verge d'Aaron ou encore un vase plein de la manne donnée en aliment aux Hébreux. Visiblement toutes sortes d'objets sacrés ont transité par ce " récipient divin ".

Il est évident qu'on peut être très sceptique face aux "visions" de la "Sainte" qui pourrait n'être en réalité qu'une grande malade...

fresqueEn restant dans le domaine purement religieux, sur la fresque de la chapelle Saint Roch de l'église de Palairac, le temple représenté serait le temple de Salomon.
Les deux colonnes de couleurs opposées symboliseraient les deux colonnes extérieures du temple : Jakin et Boaz (noire et blanche selon certaines Traditions).
L'espace carré, décentré, montrant l'intérieur du temple serait le Saint des Saints, son Tabernacle.
A l'intérieur se verraient les principaux objets sortis de l'Arche : les tables de la Loi et le Calice évoqué par Anne Catherine Emmerich, voire aussi, peut-être, le "coffret" (la grosse boule) qui semble suspendu au crochet de la croix et qui pourrait contenir le "dépôt sacré"...

La fresque présente donc les deux Alliances passées avec l'Eternel (voir Interpétation religieuse). Il est à noter que, selon Anne Catherine Emmerich, le Calice est beaucoup plus ancien que les tables de la Loi et que c'est pourtant lui qui réalisera la nouvelle Alliance.

Dans le reste de l'église, les références aux deux Alliances (l'ancienne et la nouvelle) pouvaient être plus claires dans le passé. En effet la disposition actuelle des statues de l'église n'a pas toujours été la même. D'après l'inventaire de 1906, la statue de Sainte Anne se trouvait dans la nef en vis-àvis d'une statue de Joachim. Cette disposition ancienne permettait de séparer l'ancienne Alliance (Nef) de la nouvelle Alliance (Transept-Choeur).
Rappelons, toujours en restant dans la symbolique purement religieuse, que la croix est le symbole de la Foi, l'ancre celui de l'Espérance, le rouge et le coeur ceux de la Charité (représentée par le calice ici ?). Ce sont les trois vertus théologales qui permettent de vaincre avec l'aide des deux Alliances le serpent, symbole du mal ou du péché originel.

motifLe motif en forme de poire couleur marron foncé de l'autel Saint Roch pourrait faire référence au Calice dans l'Arche de Noé : l'étoile à cinq branches représentée, outre les différentes interprétations religieuses qu'on peut en donner, correspond à ce qu'on voit quand on coupe une pomme (ou une poire) horizontalement au niveau de son trognon. Cela correspondrait à l'épisode de " fructification " de l'Arche de Noé.
Concernant le Graal, si on l'assimile au Saint Calice, comme le fait Robert de Boron, son histoire, d'après Anne Catherine Emmerich, serait très ancienne : il remonterait à la Genèse et aurait été "préparé" par des anges, c-à-d dans 'un autre monde'.

Mais par quel biais cette tradition d'une Arche d'Alliance et d'un temple de Salomon ayant contenu le Saint Calice a-t-elle pu aboutir à cette représentation de la fresque de Palairac et à ce motif de l'autel?

Une visite pastorale de l'évêque en 1807 indique la présence du mobilier dans la chapelle Saint Roch. Or les "visions" de la sainte ne seront connues qu'en 1824.

Il n'y a donc aucun rapport entre le motif de l'autel et le soi-disant "graal" ou "saint calice" des "visions" de Catherine Emmerich ou encore entre la fresque et les "visions" du "graal" dans l'Arche ou le Temple de Salomon selon la sainte.