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Eglise Saint Saturnin de Palairac

Conservation des peintures murales et Restauration du retable de Saint Roch

Indices sur la provenance du mobilier


En 2009 la Municipalité a décidé, avec l'accord des Monuments Historiques, de procéder à des travaux de conservation et de restauration :

Les travaux de conservation ont été financés par les fonds propres de la Commune.
Le coût de la restauration du retable de Saint Roch se répartit entre la DRAC (40%), la Municipalité (20%) et en principe le Conseil Général (pour 40%).

La Municipalité remercie vivement Madame Rigaud pour la qualité de son travail et les financeurs pour leur aide à la Commune.
La conservation des peintures ("fresques") murales
Il était absolument nécessaire de réaliser ces travaux afin d'arrêter la déterioration de ces peintures : décollement d'enduits, soulèvement, perte de matières picturales, etc. suite à l'humidité et la présence de sels en surface.

On a profité de la présence d'échaffaudages pour faire des recherches de couches picturales plus anciennes au niveau du choeur. Madame Rigaud, la restauratrice, a pu donné aussi quelques renseignements sur la datation des peintures.
Il ressort de cette étude que l'église a reçu très peu de couches picturales depuis sa création. Actuellement trois couches de décor, décelées principalement au choeur, se superposent :
Le faux appareillage de la voûte de l'abside,peut-être du XIVème, ocre rouge et terre d'ombre sur fond jaune

.



Le repeint du XXème qui masque le pélican (?) par un voile blanchâtre et  le cercle avec la croix.

Les fausses fenêtres de l'abside avec voilage et tenture.

La seule inscription de l'église "PAVETE AD SANCTUARIUM DOMINI", du XIXème, a été réalisée de la façon suivante : les lettres ont été tracées sur un badigeon blanc et détourées avec le badigeon bleu outremer.

Le décollement d'enduit était particulièrement visible sur la fenêtre de gauche. C'est un exploit d'avoir pu le recoller !

La présence de sels rendait les support friables et le badigeon bleu et noir, en épaisseur importante, était spécialement sensibles à l'humidité, les rendant pulvérulents.

Après un dépoussiérage à la brosse douce, le fixage des pigments s'est effectué à l'aide d'un mélange approprié. La consolidation des enduits, notamment dans le bas de la peinture, repose sur l'injection de consolidant spécifique après préparation du support. Les fissures, lacunes d'enduits et trous d'injection ont été rebouchés avec un enduit de chaux aérienne. Des retouches picturales légères assurent la transition avec la partie peinte.

La remise en état de l'enduit décollé de la fenêtre gauche

La palette est composée de couleurs vives, tranchées et saturées : rideaux outremer, cordons et pompoms rouge cadmium.

A noter ci-contre les branches d'acacia réalisées en noir, blanc, rouge ...

La tige rouge ondulée ne suit pas la forme des plis, on dirait que la branche est extérieure à la toile ...





La fresque du Saint Calice

La "fresque" (peinture) avant conservation

Et après ...


détail de la peinture

Le retable de Saint Roch


Le démontage du retable baroque a peut-être permis de confirmer certaines hypothèses quant à son origine.
Ce retable, contrairement à l'autre, n'a probablement pas été créé pour Palairac. Il devrait s'agir d'une pièce qui vient d'ailleurs. Remarquez la disposition générale penchée vers la gauche, comme si on l'avait forcé. La moulure de droite a même été légèrement découpée pour permettre le passage sous l'ogive.
Les caissons parallèlipipédiques ont été découpés pour s'ajuster au haut de l'autel, qui, d'ailleurs, devrait être aussi une pièce rapportée : marbre découpé à angle droit, de couleur différente de l'autel du XVIIème qui le supporte, marquant plutôt un style XVIIIème. Le retable et cette pièce de marbre n'ont pas dû être placé en même temps : d'abord le marbre, puis plus tard, le retable. La découpe des caissons les a fragilisé, de sorte qu'on les a scellé en les remplissant de pierres et de mortier. Les panneaux des caissons ne sont plus que des façades.
La fixation elle-même du retable n'a pas été conçue pour le démontage par l'utilisation de pointes fixant celui-ci aux poutres murales.
Il existe des pièces, colonnettes, angelots, fonds, ... conservées dans la sacristie qui doivent provenir de ce retable, mais qui, faute de place, n'ont pas été réutilisées.

Il est possible que ce retable devait constituer au départ un retable de Vierge du Rosaire : les roses sur les colonnes corinthiennes sont courantes dans ce type de retable. La belle Vierge n'était peut-être pas cependant la Vierge de ce retable : sa coiffe qui n'a rien d'une couronne de rose, le support conique qui la soutient et son style plutôt classique ne vont pas dans ce sens.

Quelqu'un a donc fait dans la chapelle Nord, une composition -symbolique- à partir d'éléments de provenances diverses.

A quelle époque ?

La révolution a vu la confiscation de beaucoup de mobilier religieux, notamment dans les abbayes, qui fut suivie quelques années plus tard d'une "redistribution" (vente de biens nationaux). Le retable aurait pu être "récupéré" lors de cette redistribution. Cela fixerait son arrivée à Palairac à la toute fin du XVIIIème ou début XIXème. Par qui ? Mystère...

L'enlèvement du retable a permis de mettre à jour deux spirales peintes sur un enduit de couleur jaune : une blanche à droite et une noire, semble-t-il, à gauche. Au milieu un espace uniforme de couleur rose devait peut-être recevoir un tableau...




Le retable de Saint Roch après sa restauration et remise en place en décembre 2010